Musique
« L’art naît de contraintes, vit de lutte et meurt de liberté. » — André Gide

Musicien passionné, plasticien, artiste holistique et sans filet, Pascal Auberson donnera un concert aussi rare qu’exclusif au Crochetan. Une performance qui n’appartiendra qu’à ce seul moment. Il sera en solo sur scène comme souvent aujourd’hui.

 

Funambule gracile et sans âge du rythme, des mots et des notes.

 

Avec ses samplers électroniques, sa guitare “magique“ et son piano qui donne une densité particulière, machine d’ivoire et d’ébène à laquelle il insuffle une âme à chaque fois qu’il en joue.

 

Ce qui en sortira, les émotions que sa voix va mettre en mots, personne ne le sait encore. Pas même lui à vrai dire et c’est ce qui l’aime vraiment. Après plus de vingt ans passés à développer l’improvisation elle est devenue un langage à part entière, sa seconde nature.

 

À son âge, Auberson défie l’instant, c’est à dire qu’il joue avec d’anciennes chansons, de nouvelles aussi et tout ce qui peut arriver sur le moment il tente de capter l’instant car pour lui, le but ultime est de ne jamais refaire les mêmes schémas afin de respecter son public qui ne reverra jamais le même concert. C’est son moteur de création pour ne pas se stratifier, afin sans cesse de renaître. Mais sans cadre, pas de liberté. Un mouvement ininterrompu: la liberté ! C’est peut-être cette notion qui noue entre elles les identités multiples de Pascal Auberson.

 

Depuis son entrée en scène au début des années 70, ses succès parisiens dans la variété, Piano Seven, BigBang, ses multiples musiques pour la danse contemporaine, ses musiques de films, ses digressions jazz subversives avec le regretté Léon Francioli et son BBFC jusqu’ à la modernité totale du dernier album Seul sous la douche réalisé avec le toujours pertinent Christophe Calpini, arrangeur génial de Stade, Bashung, etc. Le musicien veille consciencieusement à demeurer inclassable car dit-il avec un certain humour :« L’individu en phase avec l’actualité doit s’imaginer en permanence qu’il est dans la marge afin de rester dans la norme ! »

 

N’empêche, ancré et fluide, il est de ceux qui réconcilient hier et demain et parviennent à danser avec la machine autant qu’avec le sable.

 

Texte de Jean-François Albelda

Réservation

50 chf, 45 chf, 0 chf avec l'AG culturel

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